Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #temoignages tag

Parole de reconstituteur 5

Publié le par Matthieu Resin

Parole de reconstituteur 5

Par Matthieu Resin, co-responsable matériel de la Teuta Viviskes

Grâce à la musique cela fait déjà quelques années que je baigne dans un univers celtique, avec son lot de fééries et de fantasmes que l’imagination des bardes modernes entretient et développe. Lors de mes études, que ce soit au collège ou au gymnase, on a toujours marqué une frontière entre les Gaulois, décrits comme des sauvages sans éducation, et les Romains porteurs de la civilisation et de la culture. Pourtant, lors de festivals tels que Corbeyrier ou La Tène, j'ai rencontré Viviskes, et Cladio auparavant qui avaient des propos très différents.

Il aura fallu les « Celtiques de Vivisco », festival organisé par l’association en été 2013, pour cerner ce que représentait ce groupe de jeunes motivés.

Pour être honnête, après avoir vécu le week-end avec eux, ce sont tout d’abord les membres qui m’ont motivé à entrer dans cette aventure. Une équipe fort joviale qui en dehors de la reconstitution partageait un intérêt pour la musique trad et dégageait une bonne ambiance. Par après, à force de participer régulièrement aux entraînements et d’écouter « ceux qui savent », les Celtes sont devenus beaucoup moins sauvages et rustres. C’est même un peuple très raffiné qui m’est apparu lorsqu’est venue l’étape du costume ! Cette étape est d’ailleurs la plus importante que j’ai vécue au sein de Viviskes, et à mon sens c’est ce qui fait le reconstituteur. Malgré toutes les connaissances que l’on puisse posséder, faire un costume et le porter en dépassant l’idée de simple déguisement pour qu’il devienne un habit « civil » l’espace d’une manifestation est, me semble-t-il, la seule étape pour entrer en reconstitution. Le reste, que ce soit les connaissances historiques, artisanales ou, dans le cadre de Viviskes, martiales suivra obligatoirement.

Après bientôt deux ans à évoluer dans l’association, la civilisation des Celtes possède un tout autre visage que celui que j'avais d'abord connu. Force est d’avouer que les circonstances m’ont heureusement orienté. Cette approche moins académique de notre passé m'a permis un apprentissage concret et sensé quand les sources écrites sont malheureusement rares ou proviennent d’auteurs étrangers. C’est l’occasion de créer le témoignage de ceux qui vivaient autrefois dans nos régions et dans les pays voisins!

Voir les commentaires

Paroles de reconstituteurs 4

Publié le par Florent Schroeter

Paroles de reconstituteurs 4

Par Florent Schroeter, alias Catuvolcus, secrétaire et ancien garde-sel de la Teuta Viviskes

Trois années se sont déjà écoulées depuis mon entrée dans l’association Viviskes, entrée permise – ou causée -, comme de nombreuses autres, par la véhémence, les encouragements et la sympathie des quelques membres que je connaissais déjà grâce à d’autres rencontres.

De nombreuses personnes écarquillent les yeux lorsque je mentionne ce hobby : il n’est en effet pas commun qu’un étudiant en 1ère année de Master en Médecine à Lausanne s’intéresse autant à l’Antiquité, et encore moins via la reconstitution historique. L’aspect martial que l’on retrouve dans Viviskes apporte de plus un très bon complément à ma pratique du karaté et du kobudo d’Okinawa, notamment de par son approche plus expérimentale.

Ainsi, la reconstitution me permet réellement d’avoir un équilibre par rapport aux autres activités que je pratique, équilibre qui est pour moi la base d’une bonne qualité de vie.

L’ambiance et la motivation exceptionnelles au sein de notre association sont, à mon avis, deux facteurs clés rendant cette activité unique et permettant à des projets comme « Les Celtiques de Vivisco », notre festival celtique à Vevey, d’être réalisés à partir de presque rien. La reconstitution a cette magie de pouvoir réunir des individus de tous horizons qui, sans elle, n’auraient probablement jamais pu lier des liens tels qu’il en existe chez nous. Dès qu’un nouveau venu arrive, il est très rapidement entouré et s’intègre rapidement dans la Teuta. Plus qu’une association, il s’agit d’un groupe de personnalités uniques dont j’ai la chance de faire partie.

En plus de tous ces avantages, la taille modeste et le jeune âge des membres de notre association permettent très rapidement de pouvoir s’investir dans la vie de l’association. Ainsi, il arrive parfois qu’un membre un tant soit peu motivé – ce fut mon cas - reçoive un appel un dimanche soir lui annonçant qu’il lui est offert la place de trésorier. La prise de simples opportunités et de quelques initiatives nous pousse donc rapidement sur le devant de la scène et conduit fréquemment à ce genre d’appel. De plus, les rôles au sein du comité changent fréquemment, de manière à ce que chacun puisse être à une place qui lui convienne. C’est ainsi que, pour élargir mon champ d’action, j’ai laissé il y a quelques semaines derrière moi mon rôle de gardien du trésor pour prendre celui du secrétaire, ou scribe pour les intimes.

Je profite de cette chronique pour jeter un regard en arrière et je me rends compte réellement que l’investissement dans un comité ou dans des projets comme la première édition des « Celtiques de Vivisco » nous permet de développer des aptitudes qu’il n’est pas possible d’acquérir dans des classeurs, au contraire de mes études. Or, ces compétences voient leur utilité dépasser le cadre de la reconstitution, puisqu’elles facilitent également grandement l’interaction dans des groupes de travail ou – pour prendre un exemple qui me concerne plus – dans une équipe de soins médicaux.

Participer au moins une fois aux activités d’une telle association est donc pour moi une occasion unique dont il faut profiter car, à ma connaissance, peu d’autres groupes parviennent à réaliser des projets d’une telle ampleur. C’est avec fierté que j’affirme faire partie de la Teuta Viviskes et, même si ce voyage ne peut être éternel, je ne puis que souhaiter qu’il reste prospère de nombreuses années encore.

Voir les commentaires

Paroles de reconstituteurs 3

Publié le par Pascal M.

Paroles de reconstituteurs 3

Pour ce troisième témoignage, découvrez Sawyl « Sargo tarvos » - Membre fondateur, ex-trésorier et actuel président de l’association.

"Par où commencer ? Dire que je suis « tombé dedans quand j’étais petit » prêterait à sourire et pourtant…

« Comment vous en êtes arrivé là ? Pourquoi les Celtes en particuliers ? » Voici des questions que l’on entend bien souvent. En ce qui me concerne, je crois que comme pour beaucoup d’autres, il s’agissait d’une question d’opportunité.

Peu de chose à priori pourraient m’avoir poussé sur les sentiers de l’Histoire et/ou de l’archéologie tant mon parcours professionnel s’en écarte. En effet, en tant que mécanicien-électricien puis ingénieur de gestion spécialiste en électricité, on peut se demander quel est le lien avec le monde celtique !

En réalité, ma première participation à une manifestation celtique, en 2008, aux « Mystères de l’UNIL » était relativement inopinée. Elle m’a toutefois fait découvrir quelques-uns des différents aspects qui m’ont motivé et me motivent toujours à poursuivre l’aventure.

Depuis ce premier contact, j’ai été actif au sein de l’association Cladio à Lausanne avant de fonder l’association Viviskes à Vevey avec un groupe de personnes issu de l’entité lausannoise. D’abord trésorier pour les débuts, puis coordinateur des « Celtiques de Vivisco », et enfin président depuis fin 2013, j’ai été impliqué de manière continue dans la gestion de cette association. La motivation nécessaire à cette implication ne s’est pas érodée avec le temps grâce à la dynamique incroyable que génère ce groupe et les rencontres formidables que j’ai pu y vivre.

D’aucuns pourraient s’étonner que le président d’une association de reconstitution historique ne soit pas actif dans les milieux archéologiques ou historiques. Cependant, je pense que dans le monde associatif, la première difficulté est de trouver les bonnes volontés et la seconde de les fédérer et de les organiser.

C’est en effet un challenge permanent que de gérer le paradoxe d’assurer des prestations de qualités avec des bénévoles aux disponibilités et à l’expérience très variables.

Au-delà de l’aspect administratif et humain, je trouve mon compte dans l’aspect sportif ainsi que dans les heures et les heures de travail que nécessitent la fabrication du matériel, des vêtements et autres. Ces activités me permettent de sortir la tête de mon travail tout en gardant une activité créative, dynamique et motivante."

Voir les commentaires

Paroles de reconstituteurs 2

Publié le par Joël D.

Paroles de reconstituteurs 2

Deuxième épisode: Joël, membre du comité élargi de Viviskes

« J'ai commencé la reconstitution celte il y a environ 6 ans, complètement par hasard à l’occasion d'un concert de musique celtique. J'avais 18 ans et j'en ai actuellement 24 et suis étudiant Master en Archéologie et Histoire Ancienne à l'université de Lausanne. Comme la plupart des membres les plus anciens de Viviskes, j'ai commencé dans ce qui était Cladio Noir, et ai réalisé à quel point cette pratique me plaisait lors de ma première manifestation en tant que reconstituteur aux Jardins de Lousonna, durant l'été 2008 et ce plaisir n'a jamais été démenti au cours des diverses manifestations auxquelles j'ai eu la chance de pouvoir assister.

Cette pratique me permet en effet d'allier deux de mes plus grandes passions: la première étant, bien évidemment, l'étude de l'histoire ancienne, plus particulièrement les périodes proto-historiques. La seconde est la pratique de l'escrime ancienne. J'avais dû arrêter la pratique de celle-ci suite à un déménagement, mais Viviskes m'a permis de continuer à l'exercer, me permettant même de découvrir de nouvelles disciplines martiales, notamment la pratique du combat à la lance et le tir de javelines.

Mais surtout, plus important que la découverte personnelle, la reconstitution permet de pouvoir faire partager notre passion à des personnes venant de tous les horizons : il est très enrichissant de pouvoir tenir le stand et faire partager au publique nos connaissances et chasser ainsi un grand nombre de préjugés.

Car la pratique de la reconstitution m'a permis aussi de découvrir tout un pan de notre passé : la culture celtique. Nous avons trop longtemps été aveuglés par les textes grecs ou romains les qualifiant à de nombreuses reprises de barbares. Mais par l'étude à la fois traditionnelle, via l'archéologie et l'histoire, mais aussi via la reconstitution, il est très facile de prendre conscient de la richesse et surtout de la complexité de cette civilisation qui a marqué un très large pan de l'histoire européenne. Nous sortons donc totalement des brutes couvertes de peaux ou des épopées arthuriennes pour un peuple aux coutumes variées et à l'art très développé dont le seul tort aura de n'avoir pas laissé de traces écrites.

Car, pour ma part, le but final de faire partie de cette association est de pouvoir s'imprégner au maximum de la culture antique et la restituer au maximum afin que tout ce savoir ne se perde pas et puisse se transmettre à travers l'histoire vivante, dont nous sommes en partie les représentants. »

Voir les commentaires

Paroles de reconstituteurs 1

Publié le par Artotragos

Paroles de reconstituteurs 1

Un petite série de témoignages sur notre pratique de la reconstitution.

Dans cet épisode: Florian, actuel vice-président de l'association Viviskes

"Cela doit faire quatre ans que je fais de la reconstitution historique celte. Je me souviens avoir commencé parce que je cherchais une activité sportive en rapport avec l'Histoire.
Maintenant, j'ai 21 ans et j'étudie la littérature française et l'histoire antique et médiévale à l'Université de Fribourg. En dehors de la reconstitution, je fais de la danse traditionnelle de France et d'Europe ainsi que du Lindy Hop, une danse swing des années 20. Toutes ces activités me permettent de vivre ma passion pour différentes périodes historiques de manière vivante et sont un bon complément à ce que j'étudie à l'université.

En effet, la reconstitution m'apporte le côté pratique et concret que mes études développent un peu moins. En plus, c'est l'occasion de se faire un cercle de connaissances en dehors du monde académique et je conçois vraiment ça comme un grand bol d'air frais dans mes amitiés que de pouvoir se retrouver autour d'une même passion avec des passionnés d'horizons différentes. Un de mes meilleurs souvenirs est un combat contre des reconstituteurs parisiens que nous avions fait à Bobigny. C'est à ce moment que je me suis rendu compte que nous avions une passion internationale et qu'échanger des assauts et des techniques avec d'autres pratiquants était un véritable plaisir.
Concrètement, j'en retire également un regard plus critique sur l'Histoire. Car refaire de l'équipement celte de la période que nous avons choisie demande d'avoir systématiquement les yeux sur des documents archéologiques, tout en ayant un intérêt marqué pour l'expérimentation et l'artisanat.


Quant au choix des Celtes, je dois avouer que ça s'est fait un peu naturellement. Les sources nous en laissent une image que je trouvais très séduisante, même si en progressant dans ma connaissance du monde celtique, je me suis rendu compte que j'en avais une vision très romantique. En effet, cette image que nous avons des Celtes et des Gaulois est généralement faussée par deux siècles de clichés liés à la vision des archéologues du XIXème siècle et je suis très content de pouvoir les déconstruire, affiner ma perception de cette période puis de le partager avec d'autre passionnés ou un public curieux."

Voir les commentaires